mardi 25 octobre 2011

Les répétitions de "Au bord de l'assiette" continuent

Le week end dernier a été un week end de travail pour les amateurs de "Au bord de l'assiette". 
Nous avons discuté avec Mélanie, Céline et Hakima...




Mélanie
Comment avez-vous connu l’atelier amateur proposé par La Scène Nationale, et qu’est-ce qu’il vous apporte ?
C’est Hélène (Co-metteur en scène de « Au bord de l’assiette », ndlr) qui m’en a parlé directement parce que je suis déjà une de ses élèves sur un autre atelier à Barentin. Elle m’a tenu au courant parce qu’elle savait que je vivais à Petit-Quevilly et que ça pouvait m’intéresser. 

Cela m’apporte surtout une expérience collective. Je n’ai jamais travaillé avec autant de monde sur le plateau.Nous ne travaillons pas avec des partitions individuelles très importantes, c’est vraiment beaucoup plus un travail où l’on doit comprendre comment fonctionnent les autres pour fonctionner soi-même. Ce qui est beau aussi, et très intéressant, c’est tout le processus de création, voir comment la pièce se monte au fur et à mesure des séances. Il y a de l’appréhension, parce qu’on navigue à vue, parce qu’on ne sait pas où on va, et ça peut être un peu stressant. Je trouve que c’est assez difficile pour les néophytes. Pour ceux qui débarquent, c’est une entrée en matière un peu rude. Mais il y a une belle entente dans le groupe et du coup ça prend forme. Cela m'émerveille de voir comment ça se découvre, comme si on levait un voile au fur et à mesure et que l’on voyait ce que ça va donner… Ca c’est très intéressant.

Allez-vous voir des spectacles ? Et être spectateur enrichit-il votre pratique amateur ?
J’aimerais en voir plus ! J’essaye, mais je suis la maman d’un petit garçon, ça demande de l’organisation. Donc pour l’instant pas autant que je veux ! Je ne suis pas tellement portée sur le contemporain. C’est pour ça que si j’étais spectatrice, je ne sais pas si j’irais voir ce qu’on est en train de faire. J’aime bien les spectacles qui mélangent les genres. Donc là par contre ce qu’on fait là m’intéresse parce qu’on mélange théâtre, danse, vidéo… Après pas de thématique particulière, pas de théâtre trop classique non plus. J’aime bien quand il y a du cirque dans le spectacle, des ambiances diverses. Etre spectatrice ça me donne plus envie de passer de l’autre côté, du côté mise en scène, mais je ne sais pas si ça m’inspire vraiment en tant que comédienne.

Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
Ce que je mets au bord de l’assiette, ce sont mes propres capacités. 
Jusqu’où je peux aller moi dans le théâtre, que suis-je capable de faire sur scène? C’est ça mon challenge à moi, c’est mon bord de l’assiette. Je ne le connais pas en fait, je le cherche, je l’explore en tant que comédienne…



Céline
Comment avez-vous connu l’atelier amateur proposé par La Scène Nationale, et qu’est-ce qu’il vous apporte ?
Je l’ai découvert en feuilletant la brochure de présentation de saison de La Scène Nationale. Au début je suis venue par curiosité, puis par plaisir, et enfin parce que ça m’ouvrait des pistes de réflexion sur moi-même et sur mon rapport aux autres que je n’avais pas imaginé au départ.

Allez-vous voir des spectacles ? Et être spectateur enrichit-il votre pratique amateur ?
Je vais voir principalement des spectacles jeune public parce que je peux emmener les enfants. Et quand je peux, quelques spectacles pour adultes. Un peu de tout, mais rarement de la danse uniquement. 
En fait çela commence à me perturber d’être spectatrice et de savoir ce qui se passe sur le plateau parce que je vois plein de choses que je ne voyais pas avant. Du coup, parfois, je pars dans l’aspect technique ou jeu, je regarde et je me dis « Ah oui il a fait ça. Il est rentré comme ci, comme ça… ». Donc j’oublie que je suis spectatrice et parfois j’ai même carrément envie d’aller sur le plateau. Comme pour Générique Vapeur (Pour « Bivouac », notre ouverture de saison, ndlr) c’était trop tentant d’être sur les tonneaux. Je regarde en fait d’un œil un peu comédien ce qui se passe sur le plateau.

Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
Le vide. Un saut dans le vide.




Hakima
Comment avez-vous connu l’atelier amateur proposé par La Scène Nationale, et qu’est-ce qu’il vous apporte ?
J’ai connu cet atelier amateur en feuilletant le programme de saison de la Scène Nationale; Cela m’apporte l’épanouissement, la découverte d’autres personnes, une nouvelle occasion de sortir de chez moi. C’est un régal en fait, c’est super ! En plus on est sur scène donc c’est magnifique.


Allez-vous voir des spectacles ? Et être spectateur enrichit-il votre pratique amateur ?
A un moment donné j’y allais beaucoup, j’avais un tarif spécial qui me permettait d’y aller plus souvent, mais aujourd’hui j’ai moins le temps. J’allais tout voir, je n’avais pas de préférence. Ca n’a pas forcement enrichi ma pratique amateur mais j’ai découvert le théâtre en tant que spectatrice, j’ai aussi découvert ce lieu. . Ca m’a surtout permis d’être spectatrice, être DANS un théâtre en tant que spectatrice, et aujourd’hui je suis de l’autre côté donc voilà ! Les deux sont biens.


Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
Je mets tout le reste que je n’ai plus envie de manger. Tout ce qui ne me plait plus je le mets au bord de l’assiette.

lundi 10 octobre 2011

Le soir de Bivouac


Vendredi 7 octobre, après des heures de répétitions c'était le moment tant attendu par nos 8 bénévoles... Le moment de déambuler dans la foule avec la compagnie Générik Vapeur. 

Merci à Christine, Marie José, Tristan, et à ceux qui ne sont pas sur cette photo : Arnaud, Hanna, Alice, Guillaume Samuel.



Moment d'échauffement avant le bain de foule....







jeudi 6 octobre 2011

L'aventure "Bivouac"

Une ouverture de saison cela se fête et cela se fête avec le public. Notre premier spectacle "Bivouac" (en partenariat avec l'Atelier 231) se passe dans la rue et ne se joue qu'avec la participation de 8 bénévoles...
En 9 heures de répétitions  nos participants vont se fondre dans la bande des hommes bleus qui vont débarquer vendredi 7 octobre dans les rues de Petit Quevilly.
Avant la première répétition voici les impressions de Christine et de Tristan :


Christine
 "Je me suis inscrite avant tout pour me faire plaisir. J’ai l’impression enfin d’oser, mieux vaut tard que jamais.

Jusqu’à présent je faisais de la danse sans jamais faire de spectacle au bout de l’année.

Là je suis à un tournant de ma vie, je m’inscris comme cela sur des projets où il y a une finalité.

Sur ce projet cela va être une rencontre avec les professionnels, et du coup cela va me booster pour aller un peu plus loin, au bout de moi même.

Dans le théâtre de rue, je trouve cela drôlement fort de la part des comédiens d’être au milieu de la foule. 
Vendredi je serais moi aussi au milieu de la foule mais je n’ai aucune appréhension car je suis en confiance, je me sens cadrée et portée par le projet Bivouac qui existe depuis 24 ans !"



Tristan 

"Je me suis inscrit car je suis très curieux de la forme et du travail que nous allons faire avec la manipulation des bidons. Et puis j’adore jouer au milieu de la foule.

Cela fait trois ans que je fais du théâtre amateur mais c’est un travail sur un plateau, et là, avec Bivouac cela m’emmène vers un autre travail, de grande ampleur avec les bidons, la peinture sur les corps. J’ai hâte."

Dans les coulisses d' "Au bord de l'assiette"

Dans deux mois, La Scène nationale sera très heureuse de présenter au public la création "Au bord de l'assiette" qui est le fruit de longs mois de travail avec 23 amateurs.
Depuis septembre 2010 les metteurs en scène, Hélène Cabot et Alexis Armengol, dirigent donc ces ateliers de théâtre ouverts aux débutants  sur le thème des "limites". 
Les répétitions s’accélèrent au vu de la première qui sera le 14 décembre, et les temps de pause entre deux scènes nous donnent l'occasion de les connaitre un peu plus.
Dimanche dernier nous avons donc discuté avec Elvire, Jean Claude, Michèle et Sandrine....



Elvire
Pourquoi prenez-vous des cours de Théâtre et qu’est-ce que cela vous apporte ?
Je prends des cours de théâtre parce que j’aime jouer, j’adore jouer, et qu’hélas je ne suis pas comédienne. Ce que j’adore c’est l’état dans lequel on est quand on joue et quand on devient une pâte à modeler dans les mains des metteurs en scène.

Pour vous, qu’est-ce que le Théâtre ?
C’est un moyen d’expression et de communication aussi. Pour moi, c’est de l’art, c’est une façon de dire les choses.

Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
(Rires) Mes bouts de pain que je n’ai pas envie de manger.



Jean Claude
 Pourquoi prenez-vous des cours de Théâtre et qu’est-ce que cela vous apporte ?
Je prends des cours de théâtre parce que j’en ai fait étant très jeune, à l’école primaire, au collège, au lycée, puis à l’IUFM, parce que j’étais instit. 
Je me suis retrouvé à la retraite et je voulais reprendre. J’ai eu le bonheur de trouver cet atelier théâtre avec deux vrais pros qui sont vraiment des gens d’une qualité remarquable. Et ça me donne l’impression de servir à quelque chose, car, des fois, on se sent un peu inutile. J'ai la sensation d’occuper mon temps de manière intellectuelle, enrichissante culturellement, etc… 
Cela me permet  aussi de communiquer avec les autres. C'est-à-dire que quand on est à la retraite, des fois, on est un peu décalé par rapport au monde, donc là c’est une manière d’être dans la vie sociale de plein pied. Pouvoir camper des personnages sans trop en faire, comme dans les années 30. Ca permet aussi de se connaitre mieux soi même. On connait mieux ses limites quand on arrive à dominer notre affectif pour jouer vrai, et pour ne pas en rajouter des tonnes, ou pour ne pas faire quelque chose de plat.

Pour vous, qu’est-ce que le Théâtre ?
Ha ! Le théâtre est un moyen d’expression artistique qui est multi facette. C'est-à-dire qu’il y a tellement de genres théâtraux que c’est pratiquement de l’infini. J’aime beaucoup de styles théâtraux et ce que j’aime par-dessus tout, c’est apprendre à jouer. 
J’aime bien l’atelier, parce qu’on monte un spectacle, une création, ce qui est une première pour le Théâtre de la Foudre. Une création avec des amateurs et c’est remarquable parce que là on va à l’aventure et ça fait rêver. Et en plus on a des gens tellement compétent qu’on apprend en même temps. C'est-à-dire qu’on a des ateliers qui nous donnent une formation sans que ce soit une formation « T’es le vase et je te remplie ». Non, on fait avec, et ça c’est merveilleux parce qu’on apprend à être. On apprend à jouer, on apprend l’échange de données à la fois techniques et affectives sur le théâtre. Et le théâtre donne une dimension à notre personnage et aux autres qui sont autour de nous, ce qui est extraordinaire.

Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
Tout ce qui est bon à vivre, tout ce qui est relationnel avec les autres, tout ce qui est partage, tout ce qui est soutien, tout ce qui permet de rêver, tout ce qui permet de faire avec les autres, de créer… Je suis peintre amateur et j’aime créer. 
Au bord de l’assiette, j’ai toujours un bon livre, un moment de détente sympa. Je suis à la fois capable de travailler sur une longue distance mais ausi de travailler dans l’urgence. Et tout ça c’est au bord de l’assiette. Pour moi, c’est plutôt mettre de côté précieusement toutes les bonnes choses.




Michèle
 Pourquoi prenez-vous des cours de Théâtre et qu’est-ce que cela vous apporte ?
Je prends des cours de théâtre parce qu’à l’origine je suis danseuse. Mais avec l’âge on danse toujours pareil dans sa tête, mais plus vraiment dans son corps. Et j’ai choisi le théâtre parce que c’est une manière de m’exprimer qui à la fois allie le corps mais qui est évidemment moins exigeant que la danse, qui me fait travailler une expression artistique qui est quand même proche de la danse même si ce n’est pas la même technique, pas la même façon de bouger.

Pour vous, qu’est-ce que le Théâtre ?
Ca c’est difficile parce que c’est tellement de choses… C’est avant tout une façon de s’exprimer, comme tout art. Par exemple, la pièce qu’on travaille en ce moment, je l’imagine très bien comme un tableau abstrait où il y a de petites touches qui petit à petit nous donnent des clés pour comprendre des choses et c’est ce que j’aime du théâtre, surtout contemporain. C'est-à-dire qu’on n’est pas vraiment dans une histoire mais on laisse le spectateur partir dans son imaginaire tout en lui transmettant ce que les auteurs ont voulu transmettre.

Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
(Rires) Mon Fromage.






Sandrine
 Pourquoi prenez-vous des cours de Théâtre et qu’est-ce que cela vous apporte ?
J’ai pris des cours de théâtre au collège et c’est vraiment quelque chose qui m’a plu. Mais j’étais frustrée de devoir arrêter pour mes études. Je me suis dis que de toute façon, tôt ou tard, j’allais reprendre et puis les aléas de la vie ont fait que je me suis décidée ! Et quand j’ai eu l’opportunité d’avoir des cours de théâtre adulte, proposés par le Théâtre de la Foudre, je n’ai pas hésité une seule seconde du tout.

Cela m’apporte deux choses : Premièrement, d’un point de vue personnel, d’avoir un peu plus développé la confiance que j’ai en moi qui, de par les aléas de la vie, ont fait que j’en ai plus perdu que gagné.
Cela m’apporte beaucoup aussi par rapport au respect des autres, du travail, etc…
Et d’un autre côté j’ai un regard, là, par rapport à mon expérience au collège, où j’étais comédienne mais plus dans l’apprentissage des textes. Ici Je découvre un autre aspect au niveau de la création : la mise en scène. C’est vraiment un laboratoire des essais qui sont fait et ça j’avoue que tout ce côté-là de ce qui se passe derrière, c’est… Je découvre un autre monde !

Pour vous, qu’est-ce que le Théâtre ?
Le Théâtre c’est un moment de plaisir, un moment d’évasion. C’est donner aux autres et c’est recevoir quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de recevoir dans la vie.

Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
Tous les non dits.