lundi 20 février 2012

"Le chemin solitaire": Impressions

Le collectif tg STAN, venu tout droit de Belgique, se produisait les jeudi 16 et vendredi 17 février au Théâtre de la Foudre dans la pièce "Le chemin solitaire".
Écrite en 1904 par Arthur Schnitzler, auparavant médecin psychiatre, la pièce a été revisitée de façon originale par les tg STAN dans leur façon d'appréhender et de jouer les personnages.
Cinq spectateurs ont accepté de me livrer leurs impressions:

                                                                       Antoine
-Pourquoi avoir choisi de voir ce spectacle?
Sur le conseil d'un ancien professeur du lycée Jeanne d'Arc et parce que je fais option théâtre en khâgnes de lettres.
-Qu'avez-vous particulièrement aimé? pas aimé?
J'ai apprécié les changements de personnages et la façon dont les acteurs ont traité ces changements.
J'ai justement étudié ce thème en cours, c'était intéressant de le voir mis en pratique.
-Si vous deviez convaincre un ami d'aller le voir, que diriez-vous?
C'est une pièce originale, il y a certaines choses qu'on ne voit pas ailleurs.
Elle est aussi drôle à certains moments.
-Pouvez-vous le résumer en un mot, une image?
Duplicité!
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                                Sylvie, Dominique et Bénédicte

-Pourquoi avoir choisi de voir ce spectacle?
Nous avons suivi les conseils d'un ami, et avons bien fait!
-Qu'avez-vous particulièrement aimé? pas aimé?
Nous avons apprécié le jeu des acteurs, très naturel; leur présence aussi. Le texte était très bon.
Par contre, nous avons été surpris par les tenues, pourquoi ont-ils fait ce choix?
Puis, il y a aussi le choix des lumières qui donne une autre atmosphère. Rien n'est fait visuellement pour nous séduire, mais cela reste un spectacle très attirant.
-Si vous deviez convaincre un ami d'aller le voir, que diriez-vous?
La mise en scène est très originale, elle force à l'écoute du texte.
L'audience était d'ailleurs très réceptive
-Pouvez-vous le résumer en un mot, une image?
19!  ...19/20
Subtilité
Travail ciselé
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-Pourquoi avoir choisi de voir ce spectacle?
Sur les conseil d'une amie, je lui fais souvent confiance. J'aime aller à la découverte de nouvelles pièces.
Mais aussi parce que c'est une compagnie belge. J'aime le mouvement artistique belge, et cinématographique particulièrement. Ils sont en dehors des convenances, s'autorisent une grande liberté.
-Qu'avez-vous particulièrement aimé? pas aimé?
J'ai aimé le changements de personnages qui était fort amusant. Le jeu était également tonique et pétillant. La connivence entre les acteurs est vraiment forte.
J'ai moins aimé l'éclairage ainsi que les costumes, qui, je pense, prennent trop de place par rapport au texte.
-Si vous deviez convaincre un ami d'aller le voir, que diriez-vous?
C'est inattendu, il faut le voir.
-Pouvez-vous le résumer en un mot, une image?
J'en ai plusieurs: joyeux, plein d'humour, convivial...belge!

vendredi 17 février 2012

Atelier d'écriture

Jeudi 16 février, pendant deux heures, avait lieu l'atelier d'écriture proposé par le théâtre de la foudre aux membres d'associations à caractère social partenaires.
Animé par Nicolas Lebalch, professeur d'EPS et passionné de littérature, cet atelier a pour but de mettre en place un lieu d'expression, d'écoute et de partage au moyen de l'écriture.

Membres de l'atelier d'écriture en plein travail

Photos prises à la bibliothèque François Truffaut
Tout le travail est orienté autour du ressenti de chacun sur le dernier spectacle vu à la scène Nationale.

Cette fois ci, c'est autour du spectacle "J'ai beaucoup de choses à vous djire" de Souad Belhaddad que nous avons travaillé.
-Nicolas nous demande de faire un tableau dans lequel nous devons mettre des noms, adjectifs, adverbes et verbes pour décrire notre perceptions, nos émotions sur le spectacle.
-Même exercice mais sans rapport avec le spectacle: il faut mettre sur papier tous les mots qui nous passent par la tête.
-A partir d'une interview enregistrée d'un SDF, prendre des phrases qui n'ont pas forcément de rapport entre elles et les assembler.
-Enfin, à partir de tous les éléments des exercices ci-dessus, écrire un texte sur Souad.

Puis, dans la même lignée, Nicolas nous amène à nous dévoiler personnellement par d'autres exercices.
-Il lit un poème de William Cliff (auteur Belge) et nous demande d'y piocher les mots que l'on veut.
-Autre exercice: écrire un texte personnel composé de phrases simples commençant toutes par "celle qui" ou "celui qui", etc. Le but: se dévoiler sans trop en dire.
-Enfin, à partir de tous ces éléments et à la façon du dernier exercice, écrire un texte personnel en commençant chaque phrase par "je dis non à/aux".

L'atelier d'écriture a soudainement pris un tout autre aspect, chacun s'est ouvert, a laissé apparaitre la sensibilité qui lui est propre. Tout le monde a eu le courage de se révéler et quelques larmes ont été versées.

La rencontre s'est terminée sur ces quelques mots de deux personnes de l'atelier:
"Quand j'ai un coup de blues, j'évacue en écrivant"
"A chaque fois que je repars de l'atelier d'écriture, je ressens toujours beaucoup d'émotions"

Nicolas a conclu : "l'écriture est un moyen de se réapproprier soi-même"

Les dessous de la scène

Nous sommes le mercredi 15 février 2012, c'est à dire J-1 avant la première représentation du Chemin Solitaire par la Compagnie Belge tg STAN au Théâtre de la Foudre.
A quoi ressemble la scène du théâtre avant d'être prête pour la représentation? Qui monte les décors? Combien de personnes sont nécessaires pour monter le spectacle en temps et en heure? Quelles sont les difficultés rencontrées?
Vous êtes-vous déjà posé ces questions?
Ce post vous donne alors l'occasion de jeter un œil dans la salle lors du montage du spectacle et de la voir comme vous ne l'avez jamais vue: en chantier!



Présentation des techniciens de montage:
-L'équipe technique de la foudre: Hervé, régisseur principal; Paul, régisseur général; Mallory stagiaire en technique ainsi que l'équipe intermittente composée de Séverine, technicienne électricienne (ou encore "Electro"); Fabio, technicien électricien et Christophe, technicien plateau.
-Les deux régisseurs de tournée de la Compagnie tg STAN: Tim et Niels.

Le montage est bien plus compliqué qu'on ne l'envisage. Il y a les questions purement techniques, puis les questions de sécurité et bien d'autres qui surgissent à tout moment. Voici quelques étapes illustrées en photos.

Il faut tout d'abord adapter le matériel apporté par la compagnie aux infrastructures du théâtre qui reçoit. Ici, le cadre de support de lumières de la Compagnie doit être fixé aux perches de la salle.
Il faut se mettre d'accord sur la méthode la plus logique et la plus sûre à adopter.

Les premières phrases d'argot technique fusent:
"Il faut mettre les projecteurs en perroquet"
"Il faut painter"

Des termes bien difficiles à comprendre pour l'équipe de la compagnie Belge qui parle plus souvent le flamand que le français! Il faut alors prendre le temps d'expliquer et c'est reparti.

En fonction du poids des lumières ajoutées aux perches, il faut "painter", c'est à dire, exercer un contrepoids à l'aide de pains au bout des guindes ("Cordes")

Le saviez-vous?  Le mot "corde" (et bien d'autres) est totalement proscrit dans le monde du spectacle. En effet, cette superstition viendrait de la marine où la corde désignait l'instrument de supplice et énormément de machinistes dans les théâtres étaient d'anciens marins. Les deux milieux (maritime et artistique) étant assez superstitieux l'échange s'est fait facilement.


Chistophe, Niels et Séverine surveillant l'ajout
de pains au bout des guindes


Les techniciens font d'abord contrepoids par sécurité lors
de l'ajout de pains puis relâchent petit à petit la structure


levage de la structure
Accrochage des lumières
Une fois ce dispositif installé, il faut s'occuper du plancher blanc apporté par la compagnie. Les plaques sont fixées une à une au plancher existant de la salle.

Pose du plancher
Pose du plancher vue de la passerelle




Dès les premiers essais lumière, il faut ajuster les projecteurs puis enregistrer les enchaînements de lumières informatiquement sur le jeu d'orgue (Pupitre informatisé à l’ergonomie adaptée, il permet d’enregistrer un état lumineux complexe et de le restituer fidèlement, dans un temps programmé).

Mise en place des projecteurs en haut de la passerelle
Ajustement deslumières
Enregistrement des enchaînements de lumière
sur le jeu d'orgue

Essais sonorisation


Place au spectacle!



lundi 13 février 2012

"80% de réussite" : Impressions

Ce samedi 11 février avait un goût de rentrée des classes pour quelques 185 "élèves-spectateurs" à l'école primaire Saint-Exupéry de Mont Saint Aignan.
"80% de réussite", spectacle plus que vivant, proposé par l'Opéra Pagaï s'est joué à 11h00 et 15h00. L'espace de deux heures, nous étions tous transportés quelques années en arrière (ou quelques dizaines pour certains), sur les bancs de l'école.

Voici les impressions, recueillies à chaud, de Daniel, sa fille Cécile et de Geneviève.


-Pourquoi avoir choisi de voir ce spectacle?
Nous connaissons bien la compagnie et sommes adhérents de l'atelier 231 (coorganisateur du spectacle). L'Opéra Pagaï étant basé sur Bordeaux, nous ne ratons jamais une représentation dans la région.
Et puis, c'est une compagnie de qualité. Leurs spectacles nous plaisent toujours beaucoup, nous aimons particulièrement le théâtre de rue.
 -Qu'avez-vous aimé? Pas aimé?
Le texte! Il était raffiné et bien dosé, et puis, le jeu des comédiens était presque naturel, nous nous croyions vraiment à l'école.
Daniel: "Le directeur, prof de français, nous a demandés d'écrire une aventure dans la jungle. Je me suis pris au jeu, j'ai eu le temps d'écrire une page! Il a ensuite ramassé nos copies puis a commencé à lire la mienne. J'avais si mal écrit qu'il m'a demandé de la lire devant toute la classe. C'était un moment rempli d'émotions pour moi. J'étais redevenu élève l'espace d'un instant.
-Si vous deviez convaincre un ami d'aller le voir, que diriez-vous?
Durant une matinée, nous revivons réellement ce que nous avons vécu étant enfants.
Ça nous réconcilie avec l'école et nous fait réfléchir sur cette période.
C'est aussi un spectacle à la fois très drôle et touchant. Tout y était: le cancre, la récré, le voleur de goûters...il fallait avoir l’œil partout, il y avait de l'animation à chaque instant.
-Pouvez-vous résumer le spectacle en un mot, une image?
Une véritable photo de classe, une photo d'école.
Il ne manquait que la cantine!

vendredi 10 février 2012

"Le Roi Général": Impressions


Mercredi 08 et vendredi 10 février avaient lieu deux représentations du Roi Général (spectacle de danse jeune public),  en présence des scolaires et du grand public. 
Trois demoiselles et un jeune homme ce sont prêtés au jeu et ont répondu à mes questions:

                                                                                                                                                                       Alice

-Aimes-tu aller au théâtre?
Oui car les comédiens font bien leur métier.
-Qu'as-tu ressenti en voyant ce spectacle? As-tu été surprise? As-tu ri ou pleuré? etc.
Plutôt du bonheur!
A certains moments les comédiennes se sentaient bien, et nous aussi.
-Quelle est l'image qui te reste en tête?
Le moment où les lampes bougeaient et les danseuses les poussaient. Elles dansaient bien.

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                                                                                     Anaïs


-Aimes-tu aller au théâtre?
Oui.
-Qu'as-tu ressenti en voyant ce spectacle? As-tu été surprise? As-tu ri ou pleuré? etc.
J'ai rigolé au moment où la danseuse a ri puis s'est mise à pleurer. C'était drôle.
-Quelle est l'image qui te reste en tête?
A la fin quand les danseuses essaient de ne pas se faire attraper.

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                                                                                Coraline



-Aimes-tu aller au théâtre?
Oui, pour regarder des choses que je n'ai jamais vues. Je suis curieuse.
-Qu'as-tu ressenti en voyant ce spectacle? As-tu été surprise? As-tu ri ou pleuré? etc.
J'ai ri au même moment qu'Anaïs car c'était drôle. Par contre j'ai eu un peu peur au moment où elles étaient enfermées dans le cercle, la prison.
-Quelle est l'image qui te reste en tête?
Le moment où elles sont en prison: je n'ai pas aimé de les voir emprisonnées.

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 -Aimes-tu aller au théâtre?
Oui, j'aime découvrir des metteurs en scène qui veulent nous dire des choses.
-Qu'as-tu ressenti? As-tu eu peur? As-tu été surpris? As-tu ri ou pleuré?
J'ai beaucoup ri quand la dame a rigolé.
Par contre il y a eu des moments plus difficiles, plus tristes.
-Y-a t 'il un moment ou une image qui te reste en tête?
Les jambes, je voyais bien la dictature à travers cette image. J'imaginais facilement l'armée qui défilait dans les rues.


mercredi 8 février 2012

"J'ai beaucoup de choses à vous djire": Impressions


                                                                                                                                      Photo Patrick Zachmann
Chaleureusement accueillie par l’équipe de la Scène nationale pour un stage de 3 semaines, c’est avec curiosité et enthousiasme que je m’apprête à découvrir l’ensemble des métiers liés au spectacle vivant tels que : Directeur technique, administrateur, chargé des relations publiques, conseiller artistique, etc. Bref, un tout un programme.
Mais avant toute chose, je me dois de comprendre au mieux la personne la plus importante de cette alchimie, celle sans qui cela n’aurait aucun sens : le spectateur.
Quelles sont ses motivations ? Pourquoi décide-t-il de voir tel ou tel spectacle ? Quel est son ressenti après la représentation ?
Autant de questions qui m’aideront à mieux appréhender ce milieu professionnel qui m’attire tant.
J'ai alors accepté ma mission : aller au devant du public et recueillir ses impressions à chaud, armée d’une feuille, d’un stylo et d’un appareil photo.
Ela.


C’est donc à la sortie du spectacle de Souad Belhaddad intitulé« J’ai beaucoup de choses à vous djire », qui a eu lieu au théâtre de la foudre le vendredi 3 février 2012 à 20h00, que j’ai posé mes premières questions.

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 - Comment avez-vous eu connaissance du spectacle ?
J’ai eu l’info au travail par une affiche.
      - Pourquoi avoir choisi de voir ce spectacle et pas un autre ?
Car nous sommes vendredi et que le thème m’intéressait par rapport à mon métier. Je travaille dans le social.
- Est-ce qu’il correspond à l’idée que vous vous en étiez faite ? (En cohérence avec le descriptif du programme ?)
Oui, parfaitement.
- Ce que vous avez particulièrement aimé ? Pas aimé ?
Je ne m’attendais pas au changement de personnage et ça m’a plu.
- Conseilleriez-vous ce spectacle à votre entourage ?
Oui car j’ai aimé cette prise de recul par rapport au thème de la diversité culturelle et religieuse. Je pense que ça plairait à mes connaissances.
- Si vous deviez le résumer en un mot, une image ? 
      La mer (ou mère) calme ou agitée.
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 -    Comment avez-vous eu connaissance du spectacle ? 
      C'est une affiche vue a Canteleu qui a retenu  notre attention
-     Pourquoi avoir choisi de voir ce spectacle et pas un autre ? 
    Tout d’abord, car nous sommes vendredi, c’est le weekend ! Et puis le thème était vraiment intéressant et tentant. 
-   Est-ce qu’il correspond à l’idée que vous vous en étiez faite ? (En cohérence avec le descriptif du programme ?) 
      Tout à fait 
-   Ce que vous avez particulièrement aimé ? Pas aimé ? 
     Nous avons aimé le contenu en général, la thématique fine (racisme, multiculturalisme). Il y avait de quoi rire et être sérieux. Et puis nous avons tout particulièrement aimé le moment où Fatima, le personnage joué par Souad Belhaddad, parlait de la boucherie halal et de la pharmacie catholique, c'était vraiment très pertinent. 
-     Conseilleriez-vous ce spectacle à votre entourage ? 
      Oui 
-      Si vous deviez le résumer en un mot, une image ? 
     C’est un spectacle qui bouscule tout le monde. Elle a osé s’attaquer aux deux côtés (les français d'origine et les français d'origine étrangère).

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Recontre entre les femmes de l'association SOFIA
et la comédienne Souad Belhaddad à la sortie du spectacle


-     Comment avez-vous eu connaissance du spectacle?
Par le biais de l’association SOFIA (solidarité femmes d'ici et d'ailleurs) dont nous faisons partie et par le relais d’Amélie Vian, Chargée des Relations Publiques à la scéne nationale.
-      Pourquoi avoir choisi de voir ce spectacle et pas un autre ?
Car le sujet de la diversité nous touche, on se sent concernées.
-     Est-ce qu’il correspond à l’idée que vous vous en étiez faite ? (En cohérence avec le descriptif du programme ?)
Oui, on s’attendait à de la caricature, il y en a eu beaucoup.
-      Ce que vous avez particulièrement aimé ? Pas aimé ?
Nous avons aimé le dynamisme du spectacle et de la comédienne. On n’avait pas le temps de s’ennuyer ou de penser à autre chose.
-     Conseilleriez-vous ce spectacle à votre entourage ?
Oui, il faut aller le voir!
-      Si vous deviez le résumer en un mot, une image ?
Surprenant : un jeu d’acteur très bon.

lundi 6 février 2012

Rencontres avec Souad Belhaddad


Dans la continuité de la rencontre du vendredi 27 janvier dernier à l’auditorium de la Bibliothèque Simone de Beauvoir de Rouen (voir post du 30 janvier 2012), Souad Belhaddad a rencontré à deux nouvelles reprises des collégiens et des associations de l’agglomération.



Extraits de la rencontre au Collège Fernand Léger de Petit-Quevilly:

Jeudi 2 février, au Collège Fernand Léger, après avoir lu quelques paragraphes de son livre autobiographique « Entre-deux Je - Algérienne? Française? Comment choisir », les questions sur le vécu de Souad, sur son point de vue personnel ont fusé et les échanges sur les expériences de chacun se sont multipliés. En voici un aperçu :

-Une collégienne : « Regrettez-vous l’éducation stricte de vos parents ? ».
-Souad Belhaddad : « Non, je ne peux pas, je suis le fruit de cette éducation. Mais il y a bien des interdits que j’ai transgressés car je les considérais comme injustes. ».
-Une femme d’origine Sénégalaise : « Je suis née et j’ai grandit au Sénégal. J’ai eu la chance d’y être scolarisée car là bas, une fille qui allait à l’école était une fille perdue pour la société. Elle ne se mariait pas jeune, n’avait pas d’enfant, ne s’occupait pas de la maison, n’allait pas vendre au marché… »
-S.B : « Ce n’est pas pareil en Algérie, et ce n’est pas pareil dans les familles émigrées en France.
L’éducation, les longues études sont le cheval de bataille de nos parents. »
-Une collégienne : « Moi, je regrette d’être venue en France ! »
-S.B : « Tu es arrivée à quel âge ? ».
-La collégienne : « Ben…en fait…je suis née en France. ».
-S.B : « Tu ne peux pas le regretter alors que tu es française. ».
-La collégienne : « Oui, mais quand on est ici, on est vus comme des étrangers, et là bas c’est pareil. ».
-S.B : « TU te vois comme étrangère, pas nous, c’est ta vision. C’est en vous qu’il faut éclaircir ça. Et puis, ON, NOUS, c’est qui ? Tu ne t’es jamais dit qu’on te regardait parce que tu es jolie ? ».

Extraits de la rencontre au collège Charles Gounod de Canteleu :

Vendredi 3 février, au Collège Charles Gounod les discussions ont pris une tournure différente. Souad s’est une nouvelle fois présentée, a résumé son parcours d’écrivain et de Grand Reporter, puis a posé la question suivante :
-S.B : « Savez-vous ce que je fais d’autre ? »
-Un collégien, timidement : « Vous faites des spectacles pour faire rire. ».
-S.B : « Je fais des spectacles parce que j’ai des choses à dire. Et savez-vous ce que je raconte ? ».
-Un collégien : « C’est sur le thème de la religion et des femmes maghrébines. ».

-Une collégienne : « Les français nous mettent des étiquettes de racaille. ».
-S.B : « Tu es Française, pourquoi faire de telles distinctions ? Tu es Française d’origine… ».
-Un autre collégien : « Comment doit-on réagir devant un comportement raciste ? »

Souad a donc proposé à cinq élèves une mise en situation. Des chaises ont été disposées comme dans un bus « Dans les bus, il se passe toujours beaucoup de choses » a-t’elle dit.
« Distribuons les rôles ». Elle a alors demandé à Sarah, une collégienne, de chercher des ennuis au passager assis à côté d’elle. « Et laissons faire les choses, improvisons à partir de là ».

Résumé de l’improvisation :

L’altercation entre Mohammed et Sarah commence, puis très vite, Florian, assis en face, entre en scène. Il décide de prendre à partie Sarah à propos de son comportement inacceptable et dérive vite vers des injures racistes et xénophobes.

Débriefing avec Souad, les acteurs et le reste de l’assemblée :

S.B : « Qui a réagit aux insultes racistes proférées par Florian? Seulement deux personnes sur cinq assises dans le bus ont osé prendre la parole : moi et Yelda. Personne ne s’est battu contre le racisme. Comme dans le réel, peut-être avez-vous eu peur d’être pris à partie et avez préféré vous taire. ».

Le comportement raciste joué par Florian a été largement souligné, mais la victime oubliée.

Souad:
- « Ne jamais oublier la victime.»
-« Quant on a peur, ne pas hésiter à dire: Vous n’avez pas le droit de dire ça. Vous faites ainsi référence à la loi républicaine.»
-« Nous sommes tous concernés par le racisme.»
-« Rester dans son droit c’est être français.»




Enfin, Souad a terminé ses interventions de jeudi et de vendredi sur le même conseil:

"De ma double culture, j'en ai fait de la création littéraire et théâtrale. CREEZ, PRODUISEZ de la culture. C'est LA possibilité dans la vie de s'épanouir. Ecrivez des poêmes, de la musique, faites du théâtre, faites du sport ou de la peinture... SORTEZ QUELQUE CHOSE DE VOUS! Que vos interrogations, vos souffrances, vos dilemmes deviennent quelque chose de créatif."

mercredi 1 février 2012

En préparation au spectacle « Le Roi Général »…

Photo François Côme  
Les 26 et 27 janvier dernier, Maria Ortiz Gabella, chorégraphe, a réalisé des sensibilisations dans des classes de CE2 et CM1 de Petit-Quevilly, en parallèle à son spectacle Le Roi Général. Cette action, liée à notre école du spectateur, a pour but d’accompagner le jeune spectateur dans sa rencontre avec l’œuvre chorégraphique et de le sensibiliser à la danse contemporaine.

Née au Chili, Maria Ortiz Gabella a dû fuir la dictature politique de Pinochet à l’âge de trois ans. Inspiré de son histoire personnelle et sans jamais tomber dans la caricature, « Le Roi Général » est un pamphlet chorégraphique, une parole universelle contre le totalitarisme, l’oppression et pour la liberté.

Pour Maria Ortiz Gabellla, « le but d’un spectacle doit être d’offrir à l’enfant un premier contact avec l’art, «un minimum vital» d’ouverture à la culture qui déterminera sa sensibilité dans ce domaine et lui procurera les moyens de former ses propres jugements. Il est important pour un enfant sollicité par une multitude d’informations sensorielles (dans son environnement familial, social et scolaire), de développer son sens artistique et critique tout en lui permettant de se situer dans le monde.»

Les CE2 de l’École H. Wallon, CM1 de l'École Pasteur, CE2 de l’École Méret, CE2-CM1 de l’École Joliot Curie, avec Maria
 
« Ensuite, faire découvrir la danse, c’est offrir un travail de maîtrise et de prise en charge corporelle, mais surtout la possibilité de libérer une énergie créative et d’aborder le geste expressif. Ce n’est pas seulement enseigner une technique, mais amener l’enfant à utiliser son propre vocabulaire corporel à partir de propositions multiples, simples et ludiques. Espace, rythme, énergie, écoute, appuis, sensations… Des propositions variées (images, objets, abstraction, peintures, sculptures…) lui permettent de travailler des bases fondamentales, celles-ci favorisent aussi les temps d’échanges, pour se découvrir, découvrir les autres et communiquer autrement.»

Spectacle "Le Roi Général", du 7 au 10 février 2012, Théâtre de La Foudre