lundi 12 décembre 2011

Au bord de l'assiette J-2

Les répétitions du spectacle "Au bord de l'assiette" avec 22 comédiens amateurs touchent à leur fin. La première est dans 2 jours, alors on ne peut s'empêcher de penser à leurs stress?
répétitions ce weekend 10-11 décembre
-           On a pas du tout le temps d’être stressé. Déjà, heureusement, parce qu’on a une vie à côté !
        

-         Oui, non, pas de stress aussi parce qu’on fait confiance à Hélène et à Alexis. On voit bien qu’ils gèrent
      

-         On dort pas (rire !) Non, mais on fait attention. A pas être malade. Regarde, moi je prends des vitamines. Je mange un kiwi!

-         C’est Hélène et Alexis qui stressent à notre place. Pour nous, ca va… encore !

-         On a l’impression de tomber de trois mètres mais je suis sûr qu’on va bien se rattraper.

-         L’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage !

Puis, ils boivent un thé ou un café, très concentrés, fument une cigarette ou se donnent la réplique sur la prochaine scène qu’ils vont faire dans 5 min.

lundi 5 décembre 2011

A Petit-Quevilly, "l’école du spectateur" existe aussi dans les collèges !


La semaine passée, le comédien Jacques Motte - comédien de la compagnie du Théâtre du Prato de Lille, jouant dans le spectacle "MIGNON PALACE" - est venu rencontrer les élèves de quatre 6ème du Collège Denis Diderot, de deux classes de 6ème et 5ème du Collège Fernand Léger (dans le cadre de notre jumelage) et deux classes de seconde du Lycée Elisa Lemonnier. 

Après avoir présenté l'histoire du spectacle "MIGNON PALACE" qui retrace les souvenirs d'enfance de Gilles Defacque, directeur du Théâtre du Prato, la distribution artistique du spectacle, son parcours personnel, Jacques a parlé de son art, le comique burlesque, autrement dit un certain type de clown.  Ensuite a commencé l'initiation des élèves au jeu d’acteur spécifique du clown...

Homme d’expérience et de savoir-faire avec les jeunes, Jacques Motte les a guidés dans un petit échauffement, puis leur a proposé des exercices de groupe afin d’explorer quelques palettes d’expressions possibles du corps et du visage : pour dire la joie, la tristesse, l’énervement, la colère, l’amour, l’attente, l’émerveillement, le dégoût, etc. 

... au Collège Fernand Léger, Jacques Motte, assailli ...

 
 ... au Collège Denis Diderot,  Jacques Motte, concentré ...

Peu à peu familiarisés avec ces jeux de mime, les élèves ont réussi à représenter de nombreuses émotions, partageant souvent les rires mais aussi parfois les silences ! 

Ces rencontres ont été trop courtes, mais elles ont constitué une excellente préparation au spectacle MIGNON PALACE, que les élèves ont vu en séance scolaire le vendredi 2 décembre. Celui-ci a d'ailleurs suscité un grand enthousiasme auprès de tous les spectateurs, tout comme de la compagnie qui a beaucoup apprécié son public ! 


MIGNON PALACE  © J C Bizien



Les madisoniens débarquent!


L'équipe des "madisoniens" est au complet la voici :
Marie Jo, Christinne, Annie, Joelle, Fabienne, Priscille, Emilie, Christine Carl et Patrick ont donc passé leur week end a faire du Madison et rien que du madison!!! et tout cela pas dans n'importe quelle tenue...
et oui on s'arnache tel des footballeurs!
repos pour Carl avant de danser en costume!
ne pas oublier d'assouplir son cou avec un truc pareil sur le tête!
les 1er pas du madison a apprendre
Après un long weekend de répétition toute cette belle équipe sera fin prête pour jouer devant notre public jeudi et vendredi.

mercredi 30 novembre 2011

Stage clown

Le weekend dernier Jacques Motte, clown de son état, est venue animer un atelier avant le spectacle Mignon Palace. Les 14 stagiaires ont pu ainsi découvrir tous les ressorts du Burlesque.



Jacques Motte leur a beaucoup parlé de l'univers de Gilles Defacque (metteur en scène et directeur du Prato à lille) mais aussi de ses" maîtres " : Charlie Chaplin et Buster Keaton.



Durant 14h Jacques a donner aux 14 stagiaires dans un rythme effréné pleins d'exercices aussi varié que loufoques : ils ont fait les vampires, les killer, les morts , des oraisons funèbres...

le 1er vampire attaque !
 
puis une contagion de vampire!!!!













Jacques fait lui même le vampire!


la bande de vampire cherche une victime...
la victime semble terrifiée 





Et puis pas de Clown Burlesque sans "fausse gifle", "fausse bagarre"...
Jacques en pleine démonstration de fausse gifle!
la bagarre..
Alors au final c'est quoi un clown? :
"Un condensé d'humanité"
"le clown est celui qui ouvre et donne à voir ses émotions, ses fous rires, ses emberlificotages. Le clown trouve sa place, son espace. C'est celui qui récupère la patate chaude et l'incarne!!!"


mercredi 23 novembre 2011

cours de Madison

En attendant le spectacle "Madison" (8-9 décembre au Rexy de Mont Saint Aignan), Sarah Crépin, la chorégraphe (en photo ci dessous), entraîne des groupes qui viendront voir sa pièce dans le frénésie du Madison...

La semaine dernière elle était invitée par Nathalie Quesney, professeur d'EPS au lycée Jeanne D'arc de Rouen, pour un atelier artistique. Les élèves vont avoir 11h de pratique avec Sarah Crépin . Entre ces cours ils auront l'occasion de voir le spectacle.



mardi 22 novembre 2011

L’Ecole du spectateur : des temps de préparations aux spectacles pour les élèves de Petit-Quevilly


Des grandes sections de la maternelle jusqu’à la 5ème de collège, les élèves scolarisés à Petit-Quevilly ont la possibilité de venir au Théâtre de la Foudre pour voir 2 à 3 spectacles sur le temps scolaire. Ce parcours leur permet de découvrir la diversité et la multiplicité des formes contemporaines du spectacle vivant (théâtre, théâtre d’objet, marionnettes, danse, cirque et même ciné-concert).

Grâce à ces sorties régulières au théâtre, les élèves apprennent au fur et à mesure à devenir spectateurs : ils savent peu à peu que lors de la représentation, dans la salle de spectacle, un spectateur doit être calme, attentif pour en profiter individuellement, mais aussi pour respecter les autres et permettre l’écoute collective, la communication avec les artistes.

Pour en savoir plus, chaque année, une classe par école choisit de suivre le dispositif de « L’Ecole du spectateur ». Celui-ci se déroule en plusieurs étapes :
  • nous parlons en classe du théâtre en général, pour savoir ce qu’on y fait,comment ça marche ,
  • nous recevons les élèves au Théâtre de la Foudre pour visiter les coulisses
  • dans la classe, nous organisons une rencontre avec l’artiste du prochain spectacle, avant celui-ci : sans rien dévoiler, les élèves apprendront ses secrets de fabrication et parfois pourront un peu pratiquer une discipline artistique,
  • ensuite, après la représentation, les artistes répondent aux questions des enfants : ils mettent des mots sur leurs perceptions « à chaud », échangent les points de vue…

Bien sûr, ils reparleront de tout cela en classe et pourront même noter leurs impressions dans leur tout nouveau "carnet des arts du spectacle" !


Chiara Collet (à gauche, de dos !) en intervention dans une classe de CE2 de l'Ecole Méret 

Les premiers rendez-vous de cette saison ont eu lieu entre le 21 et le 25 novembre 2011, en préparation au spectacle Comment ai-je pu tenir là-dedans. La comédienne Chiara Collet a rencontré 8 classes, les faisant travailler sur l’expression des émotions par le corps, puis leur proposant de réaliser une rapide version improvisée de l’histoire de la Chèvre de Mr Seguin. Cette semaine, tous ces élèves vont la revoir, interprétant la petite chèvre sur la scène du Théâtre de la Foudre...

Photo Tristan Vallès

lundi 21 novembre 2011

On va danser !

Le Madison


Depuis une semaine la compagnie de danse La Bazooka fait danser scolaires et bénévoles, mais avant de vous parler de nos ateliers un petit rappel de cette danse si populaire :

 HISTORIQUE

Dans les années 1960, aux États-Unis, les soirées étudiantes battent leur plein (bal de promotion, surprises parties, etc.).
Pour la forme, chacun vient accompagné d’une cavalière, mais beaucoup aspirent à faire de nouvelles rencontres.
Pour les favoriser, naissent de nombreuses danses que l’on peut aussi bien pratiquer en couple que seul au milieu de la foule.
La mode est au Twist, au hully gully et au pachanga.
Mais les pistes sont parfois étroites et vite saturées par les danseurs exubérants qui dévorent la place. Aussi, pour permettre à tous de danser et assurer la convivialité de la soirée, on imagine une danse compacte et simple à pratiquer.

Les danseurs se placent en lignes parallèles (comme dans certains pas des traditionnelles danses country), sans contact et pratiquent simultanément le même pas (qui s’inspire partiellement du rock’n’roll, nouveau et en vogue).


Le premier Madison, intitulé « The Madison », fut créé en 1960 à Philadelphie par le groupe Les Tunetoppers, mené par Al Brown.

C’est un énorme succès, et tous les artistes du moment sortent un Madison que les radios, en accord avec les maisons de disques, passent en continu sur les ondes.
C’est la première danse dont la promotion est assurée par les radios et la télévision.
Les maisons de disques essaieront de fabriquer d’autres succès sur le même modèle (le Mashed Potatoes, le Letkiss,...), mais aucune de ces danses ne connaîtra la popularité du Madison.

En 1961, une longue scène du film West Side Story expose un Madison dansé dans la rue par l’une des deux bandes rivales.

Le film est un succès mondial et contribue à la diffusion du Madison. Dès l’été 1962, on le danse en France.

Le Madison se propage d’autant plus vite qu’à l’époque, au dos des 45 tours, une fiche en présente le pas.

Pas besoin de prendre des cours pour se débrouiller et sa simplicité le rend accessible à tous.
La proximité musicale du Madison et du rock’n’roll fait qu’il est encore pratiqué dans de nombreuses boîtes de nuit.

Le Madison est un rituel des soirées de La Boîte à Frissons. Vers minuit et demi, deux Madisons annoncent la fin des danses à deux et l’arrivée du disco.

C’est l’occasion de réunir sur la piste les bons danseurs du début de soirée et les noctambules à peine arrivés.

Alors, tous au pas du Madison : vous n’aurez plus d’excuse pour rester dans votre coin, il est simple à apprendre et à pratiquer. Rejoignez le carré de danse

ESPRIT ET PRINCIPES DE BASE

Le Madison n’est pas une danse créative, mais une danse ludique : son pas est totalement imposé.

Pour assurer la cohésion de l’ensemble des danseurs, aucune touche personnelle ne doit être apportée.


En effet, les danseurs se placent en lignes parallèles, tous sont tournés dans la même direction et démarrent simultanément le premier pas au coup d’envoi donné par un meneur situé en première ligne.


Ainsi, un observateur situé en surplomb verrait un carré de danseurs se déplacer régulièrement sans jamais perdre sa forme.


Pour les danseurs, la répétitivité du pas participe au plaisir de se sentir faire partie d’un tout.

RYTHME MUSICAL

C’est une danse à quatre temps.

Chaque temps est clairement marqué par la musique et chaque pas doit être parfaitement en place pour assurer un ensemble précis des danseurs.

Le pas complet se fait sur quatre mesures (de quatre temps), soit 16 temps au total.

LE PAS



Le pas complet. Pour le présenter simplement, on va le décomposer en cinq étapes.
Pour réaliser le pas complet, on enchaîne sans interruption et dans l’ordre ces étapes.
Tous les pas se font à la même vitesse, sur un temps.

Pour se repérer ici, on les comptera de 1 à 16.


Au départ, le danseur est pieds joints.

Déplacement vers la droite




1 : Le pied droit se déplace latéralement vers la droite.

2 : Le pied gauche rejoint le pied droit pour qu’ils soient joints.
3 : Le pied droit se déplace latéralement vers la droite.
4 : On lance devant soi le pied gauche (juste devant soi, pas en l’air !) sans le poser, et on frappe dans les mains.

Déplacement vers la gauche.




5 : Sans reposer le pied gauche, on le déplace latéralement vers la gauche.

6 : Le pied droit rejoint le pied gauche pour qu’ils soient joints.
7 : Le pied gauche se déplace latéralement vers la gauche.
8 : On lance devant soi le pied droit (juste devant soi, pas en l’air !) sans le poser, et on frappe dans les mains.

Déplacement vers l’arrière.



9 : Sans reposer le pied droit, on le recule derrière soi.

10 : On recule derrière soi le pied gauche.
11 : On recule derrière soi le pied droit.

Pointer en avant

12 : On pointe devant soi le pied gauche.



13 : On pointe une seconde fois le pied gauche et dans le même mouvement on le pose au sol (le pied droit n’a pas bougé lors des temps 12 et 13).

14 : On pointe devant soi le pied droit.
15 : On pointe une seconde fois le pied droit et dans le même mouvement on le pose au sol (le pied gauche n’a pas bougé lors des temps 14 et 15).

Quart de tour droit




16 : On fait un quart de tour vers la droite en prenant appui sur la jambe droite.

mardi 15 novembre 2011

une rencontre avec Joel Pommerat

La semaine dernière dans le cadre de l'accueil du spectacle "Ma Chambre froide" le public a pu a l'issue de l'une des représentation rencontrer Joël Pommerat auteur et metteur en scène de ce spectacle.

 
Jean François Perrier : quel est le processus qui vous amène au résultat, car ce que l’on vient de voir est assez unique dans le paysage théâtral français ?

Joël Pommerat : Déjà on ne fait pas les choses pour faire des choses particulières, moi je fais des choses pour aller au bout d’une intuition. Tout ce travail découle d’années de recherches, moi cela fait 20 ans que j’écris.
Quand j’ai commencé à écrire, le théâtre contemporain n’était pas très bien vu, on faisait souvent la grimace quand on parlait de théâtre contemporain et l’on associait cela à des choses rébarbatives.
Ce n’était pas simple de se dire qu’on allait faire du théâtre par des choses différentes, pas de textes du répertoire, des classiques.
Très vite, comme je ne me sens pas du tout l’âme d’un écrivain, j’ai eu envie d’associer l’écriture à l’écriture scénique, donc de ne jamais séparer la forme et une histoire, la forme et le fond.

JFP : quand le spectateur est devant l’une de vos pièces, il sait qu’il regarde une pièce de Joël Pommerat, en même temps un certain nombre de choses ont évoluées, notamment sur ce spectacle certains ont dit qu’ils leur semblaient que vous aviez acquis une certaine liberté par rapport à la représentation théâtrale.

JP : Oui, j’ai moins besoin de me prouver que je fais mon théâtre et non celui des autres. Au début on a besoin de marquer très fort ses partis pris. Moi j’étais obsédé par cette idée qu’il fallait faire une proposition formelle, que lorsque l’on proposait un spectacle, il ne fallait pas proposer une forme consensuelle mais trouver sa forme, son écriture, que c’était cela être auteur. Quand on est rassuré, à ce moment là on se libère, on est moins soucieux de se prouver à soi même que l’on fait les choses convenablement et on se laisse guider par le cœur, des choses de l’ordre de l’intuition.
Je n’ai pas une grande confiance en moi et une grande estime en ce que je fais mais je sais que je crois dans le travail et aujourd’hui je me donne plus de liberté.
Je voulais dans ce spectacle développer un propos assez précis et assez complexe sur le plan narratif, quelque chose qui était dans un développement assez conséquent sur pleins de plans et sur plein de niveaux en même temps, et même sur des plans temporels. « Ma chambre froide » est d’une très grande complexité de construction narrative et pour obtenir cela, il faut que l’écriture soit extrêmement simple afin que la complexité soit lisible. J’ai simplifié mon écriture sur ce spectacle, c’est une écriture plus proche de la parole du quotidien, beaucoup plus directe. J’ai réussi à renoncer à quelque chose de plus travaillé pour obtenir quelque chose de simple pour arriver à mettre de la complexité ailleurs.
Sur d’autres spectacles que j’ai fais, la narration était plus simple et l’écriture plus raffinée.

JFP : Il y a quelque chose à travers beaucoup vos spectacles qui moi me touche beaucoup, c’est que les personnages que vous mettez en scène appartiennent à des milieux sociaux très précis qui généralement sont très absents des salles de théâtre. Je me demandais qu’est ce qui faisait que tout d’un coup vous aviez envie de faire parler ces gens là ?

JP :Parce que c’est comme ça que je suis rentré dans l’écriture, avec cette envie non pas de faire des choses différemment des autres ou tout simplement être original mais parce que tout simplement j’ai eu l’impression que je pouvais combler un manque. Les gens simples, ordinaires n’étaient pas assez représentés. C’était une volonté bien calculée, un désir surtout intuitif de donner la parole à des gens et à un milieu social particulier dont je suis issu.

JFP : J’ai une question sur cette Estelle qui devient metteure en scène, est ce que c’est des souvenirs personnels que vous avez utilisés dans la frustration d’Estelle qui rêve des scènes mais qui n’y arrive pas dans la réalité.

JP : Cette frustration est permanente, oui Estelle c’est moi. Entre ce qu’on a envie de faire, les images, l’intuition, et ce que l’on arrive à faire c’est une horreur. On essaie de combler le plus possible l’écart, mais l’écart il est énorme même quand on réussit le mieux quelque chose, l’écart entre l’intuition intérieure et ce qui se produit dans la réalité est très très douloureux en tout cas très grand. Ce qui est le plus douloureux c’est le premier pas, quand on arrive avec  ces idées intérieures, qu’on explique laborieusement à son équipe ce que l’on veut faire et les 1ère fois que l’on met tout cela sur un plateau ça fait très très mal. Aujourd’hui je l’affronte avec philosophie. Je me sens très solidaire d’Estelle.

Public : Comment et pour quelle raison s’est imposé le rapport circulaire ?

JP : la 1er raison c’est que dans le frontal et avec la reconnaissance du public plus nombreux, le rapport spectateur/comédien a commencé à s’étirer de plus en plus. Moi j’ai commencé dans des petits théâtres avec des petites jauges, on ne m’embêtait pas si je voulais supprimer les rangs de côtés, les rangs du fond. Donc le jour où il a fallu rentrer 400 personnes dans des salles frontales, quand je me suis assis au 17ème rang, je me suis senti loin, coupé du plateau, de la chair, des corps et mon intuition de théâtre repose sur la présence, sur la proximité, sur le lien direct entre le comédien et le spectateur, et donc j’étais confronté à ce dilemme.
Et puis, il y a eu mes créations aux bouffes du Nord qui est une salle en demi cercle et moi j’avais mes spectacles en frontal, j’ai donc condamné les côtés. Alors Peter Brook m’a dit « qu’est ce que ce serait bien si tu faisais un spectacle pour la salle des Bouffes du nord », alors je lui ai dit « oui mais le souci c’est qu’il y a peu de théâtre comme le tien, alors, pour la tournée, cela devient difficile et je vais devoir refaire le spectacle pour le jouer ailleurs ». Mais comme c’est Peter Brook on réfléchit quand même. Je me suis dit que le demi cercle n’existait pas vraiment mais que avec le cercle complet cela devenait passionnant parce que là, il se passe quelque chose dans la relation au public. Du coup mon problème de proximité était réglé. Mon prochain spectacle ne sera pas en cercle mais ce rapport là j’y crois, je ne veux pas l’imposer mais je crois que politiquement, au sens large du terme, il faut casser la logique de ces lieux en frontal. Je pense qu’en cercle il se passe quelque chose déjà entre les spectateurs entre eux, et ce qui se passe avec le plateau est très différent, le spectateur est bien plus impliqué, bien plus proche et ensemble et je crois qu’on en a extrêmement besoin de créer ce rapport là aujourd’hui.

jeudi 3 novembre 2011

"le bord de l'assiette" du côté des Metteurs en scène

les week end de répétitions de la création "Au bord de l'assiette" nous ont permis de rencontrer un peu plus certains amateurs qui seront dans la distribution, cette fois ci nous avons eu envie "d'embêter" avec nos questions les Metteurs en scène, Hélène Cabot et Alexis Armengol...


Que retirez-vous du travail avec des amateurs ? L’approche est-elle la même qu’avec des professionnels ? Quels en sont les spécificités, les points forts, les contraintes ?

Hélène : Ce que j’aime c’est le fait de se retrouver face à des gens qui doutent de tout constamment. Et je trouve que ce doute là est intéressant à traiter sur le plateau parce qu’il en sort énormément de choses qui ne sont pas toujours contrôlées. Il y a parfois chez des comédiens professionnels le côté un peu « on est dans quelque chose qu’on sait faire, on a des formations », il faut casser un peu ça. Si on travail depuis longtemps avec quelqu’un, on est habitué à un type de travail, ce qui est quand même très bien, mais les amateurs ont peut-être moins cette conscience là.
Les difficultés il n’y en a pas, il faut qu’on soit clairs, nous, constamment, dans nos demandes. C’est vrai qu’on passe parfois du temps sur de l’interprétation et sur de la direction d’acteur, mais de toute façon ce serait nécessaire. Là il y a peut-être un retour à quelque chose qui serait de l’ordre du B A BA. C’est le jeu. J’aime bien revenir sur toutes ces choses là. Revenir comme si rien n’était posé définitivement, comme si tout évoluait.

Alexis : Le point commun, c’est de faire ensemble un projet. C’est ce que je retrouve là. En répétition, comme on est là ou en création, ce sont finalement presque les mêmes réflexes qui se mettent en place, les mêmes discussions. La grosse différence, c’est celle de la compétence, mais tout dépend du projet. Pour moi, c’est à peu près aussi différent que de faire de la natation ou faire du patin à glace. Ce sont deux projets différents donc les objectifs sont différents. Ce ne sont pas les mêmes façons d’y arriver. D’un autre côté, je ne vis pas l’un par rapport à l’autre. Je ne vis pas l’un qui serait plus ou moins, mieux ou moins bien que l’autre. Il y a un projet en soi et ça me plait beaucoup. J’aurais pu imaginer que j’allais le vivre comme un poids. Ce que j’aime beaucoup, c’est qu’on est dans un autre rapport. Ce n’est pas leur métier et donc ça change tout. Pourquoi on est là ? Pourquoi on vient là ? Dans quelle énergie on vient là ? La pause, le repas, quand est-ce qu’on finit ? Quand est-ce qu’on commence ? Ce ne sont pas les mêmes choses qui s’organisent. Ce ne sont pas les mêmes liens, ni les mêmes relations humaines. Et c’est intéressant parce que c’est une vraie alternative, je trouve, au fonctionnement habituel.


Et quel regard portez-vous sur les pratiques amateurs ?

Alexis : Je n’ai pas d’avis là-dessus.  Etre « amateur », c’est faire quelque chose parce qu’on l’aime, parce qu’on aime cette chose. On est amateur d’excellents whiskys par exemple. Dans notre société faire quelque chose parce qu’on le choisit et qu’on a envie de le faire, c’est tout le temps une urgence. Il faut privilégier ça…

Hélène : C’est du militantisme…

Alexis : Oui. Je pense qu’il y a quelque chose de l’ordre du militantisme.


Par rapport aux autres structures que vous fréquentez que pensez-vous de la mise en avant, à travers notre programmation, de pratiques amateurs comme cela va être le cas pour le spectacle « Au Bord de l’Assiette » ? C'est-à-dire faire partie intégrante de la programmation, en tant que spectacle de saison.

Alexis : Moi je trouve ça très bien.

Hélène : Moi aussi.

Alexis : Je trouve ça vraiment très très bien qu’il y ait le courage. Quand on fait venir une création, qu’elle soit professionnelle ou amateur, c’est déjà courageux. Preuve en est que chaque année on se retrouve à dire : « J’avais beaucoup aimé les spectacles d’avant. Bon voilà, c’est une création, on a fait un pari, et ce n’est pas réussi ». Donc je trouve ça très bien, et très bien que ce ne soit pas en mai, en juin, ou en juillet. C’est pas : « Nous on a eu le courage de mettre ça le 1er mai », alors qu’on sait qu’il n’y aura personne, qu’on sait que l’on ne programmera pas, de toute façon, un autre spectacle à ce moment là. Là, il y a une vraie mobilisation sur de vraies dates et sur trois représentations, ce qui est énorme dans une salle comme celle là. Je trouve que c’est dire : « On va jusqu’au bout ! »


Avez-vous eu une pratique amateur ?

Alexis : Non.

Hélène : Moi oui. J’ai été formée ici depuis l’âge de 11 ans jusqu’à mes 21 ans. Puis j’ai fait A3 théâtre. J’ai travaillé dans des projets amateurs à droite et à gauche. Je participais à des spectacles qu’on appelait « travaux d’élèves », « spectacles de fin d’année ».

Alexis : Pour revenir sur ce que tu dis, tu cites l’A3, mais quand on est en formation, on est forcément amateur. Il y a deux choses différentes. Normalement à peu près dans tous les boulots, il y a bien un moment donné où l’on se forme. C’est différent que de se dire qu’on a une pratique amateur. C'est-à-dire en tant qu’adulte, et en dehors de son travail ou de sa profession, à laquelle on ajoute une pratique amateur, non professionnelle, d’une activité. Sinon c’est une formation. On va tous se former à un moment donné.

Hélène : Oui, oui c’est juste ce que tu dis, c’est vrai, ce sont deux choses différentes. Dans le cadre de ma formation, oui j’ai été amateur. Je ne sais pas trop comment dire, mais à partir du moment où ça c’est imposé que pour moi c’était le théâtre, c'est-à-dire tôt tout de même, il y a eu la formation et puis je suis passée intermittente et ça n’a plus du tout été le cas. 
Je vous avouerais que c’était un peu une question piège…

mardi 25 octobre 2011

Les répétitions de "Au bord de l'assiette" continuent

Le week end dernier a été un week end de travail pour les amateurs de "Au bord de l'assiette". 
Nous avons discuté avec Mélanie, Céline et Hakima...




Mélanie
Comment avez-vous connu l’atelier amateur proposé par La Scène Nationale, et qu’est-ce qu’il vous apporte ?
C’est Hélène (Co-metteur en scène de « Au bord de l’assiette », ndlr) qui m’en a parlé directement parce que je suis déjà une de ses élèves sur un autre atelier à Barentin. Elle m’a tenu au courant parce qu’elle savait que je vivais à Petit-Quevilly et que ça pouvait m’intéresser. 

Cela m’apporte surtout une expérience collective. Je n’ai jamais travaillé avec autant de monde sur le plateau.Nous ne travaillons pas avec des partitions individuelles très importantes, c’est vraiment beaucoup plus un travail où l’on doit comprendre comment fonctionnent les autres pour fonctionner soi-même. Ce qui est beau aussi, et très intéressant, c’est tout le processus de création, voir comment la pièce se monte au fur et à mesure des séances. Il y a de l’appréhension, parce qu’on navigue à vue, parce qu’on ne sait pas où on va, et ça peut être un peu stressant. Je trouve que c’est assez difficile pour les néophytes. Pour ceux qui débarquent, c’est une entrée en matière un peu rude. Mais il y a une belle entente dans le groupe et du coup ça prend forme. Cela m'émerveille de voir comment ça se découvre, comme si on levait un voile au fur et à mesure et que l’on voyait ce que ça va donner… Ca c’est très intéressant.

Allez-vous voir des spectacles ? Et être spectateur enrichit-il votre pratique amateur ?
J’aimerais en voir plus ! J’essaye, mais je suis la maman d’un petit garçon, ça demande de l’organisation. Donc pour l’instant pas autant que je veux ! Je ne suis pas tellement portée sur le contemporain. C’est pour ça que si j’étais spectatrice, je ne sais pas si j’irais voir ce qu’on est en train de faire. J’aime bien les spectacles qui mélangent les genres. Donc là par contre ce qu’on fait là m’intéresse parce qu’on mélange théâtre, danse, vidéo… Après pas de thématique particulière, pas de théâtre trop classique non plus. J’aime bien quand il y a du cirque dans le spectacle, des ambiances diverses. Etre spectatrice ça me donne plus envie de passer de l’autre côté, du côté mise en scène, mais je ne sais pas si ça m’inspire vraiment en tant que comédienne.

Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
Ce que je mets au bord de l’assiette, ce sont mes propres capacités. 
Jusqu’où je peux aller moi dans le théâtre, que suis-je capable de faire sur scène? C’est ça mon challenge à moi, c’est mon bord de l’assiette. Je ne le connais pas en fait, je le cherche, je l’explore en tant que comédienne…



Céline
Comment avez-vous connu l’atelier amateur proposé par La Scène Nationale, et qu’est-ce qu’il vous apporte ?
Je l’ai découvert en feuilletant la brochure de présentation de saison de La Scène Nationale. Au début je suis venue par curiosité, puis par plaisir, et enfin parce que ça m’ouvrait des pistes de réflexion sur moi-même et sur mon rapport aux autres que je n’avais pas imaginé au départ.

Allez-vous voir des spectacles ? Et être spectateur enrichit-il votre pratique amateur ?
Je vais voir principalement des spectacles jeune public parce que je peux emmener les enfants. Et quand je peux, quelques spectacles pour adultes. Un peu de tout, mais rarement de la danse uniquement. 
En fait çela commence à me perturber d’être spectatrice et de savoir ce qui se passe sur le plateau parce que je vois plein de choses que je ne voyais pas avant. Du coup, parfois, je pars dans l’aspect technique ou jeu, je regarde et je me dis « Ah oui il a fait ça. Il est rentré comme ci, comme ça… ». Donc j’oublie que je suis spectatrice et parfois j’ai même carrément envie d’aller sur le plateau. Comme pour Générique Vapeur (Pour « Bivouac », notre ouverture de saison, ndlr) c’était trop tentant d’être sur les tonneaux. Je regarde en fait d’un œil un peu comédien ce qui se passe sur le plateau.

Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
Le vide. Un saut dans le vide.




Hakima
Comment avez-vous connu l’atelier amateur proposé par La Scène Nationale, et qu’est-ce qu’il vous apporte ?
J’ai connu cet atelier amateur en feuilletant le programme de saison de la Scène Nationale; Cela m’apporte l’épanouissement, la découverte d’autres personnes, une nouvelle occasion de sortir de chez moi. C’est un régal en fait, c’est super ! En plus on est sur scène donc c’est magnifique.


Allez-vous voir des spectacles ? Et être spectateur enrichit-il votre pratique amateur ?
A un moment donné j’y allais beaucoup, j’avais un tarif spécial qui me permettait d’y aller plus souvent, mais aujourd’hui j’ai moins le temps. J’allais tout voir, je n’avais pas de préférence. Ca n’a pas forcement enrichi ma pratique amateur mais j’ai découvert le théâtre en tant que spectatrice, j’ai aussi découvert ce lieu. . Ca m’a surtout permis d’être spectatrice, être DANS un théâtre en tant que spectatrice, et aujourd’hui je suis de l’autre côté donc voilà ! Les deux sont biens.


Et vous, que mettez-vous au bord de l’assiette ?
Je mets tout le reste que je n’ai plus envie de manger. Tout ce qui ne me plait plus je le mets au bord de l’assiette.

lundi 10 octobre 2011

Le soir de Bivouac


Vendredi 7 octobre, après des heures de répétitions c'était le moment tant attendu par nos 8 bénévoles... Le moment de déambuler dans la foule avec la compagnie Générik Vapeur. 

Merci à Christine, Marie José, Tristan, et à ceux qui ne sont pas sur cette photo : Arnaud, Hanna, Alice, Guillaume Samuel.



Moment d'échauffement avant le bain de foule....